Tribulus terrestris et santé sexuelle : une solution naturelle pour l’homme et la femme… mais pas un remède miracle
Tribulus terrestris et santé sexuelle : une solution naturelle pour l’homme et la femme… mais pas un remède miracle
De plus en plus de patients – hommes et femmes – demandent si le Tribulus terrestris, plante vedette des compléments alimentaires, peut vraiment booster la santé sexuelle, la testostérone ou aider en cas de dysfonction érectile.
En tant qu’urologue installé à Marrakech, mon rôle est de vous offrir une information claire, fondée sur les données scientifiques disponibles, et de replacer cette plante dans une prise en charge globale et sécurisée.
Dans cet article, nous allons voir :
- ce qu’est réellement le Tribulus terrestris ;
- ce que montrent les études chez l’homme (érection, testostérone) ;
- les effets observés chez la femme (désir, lubrification, orgasme) ;
- les limites des preuves et les précautions à connaître avant toute supplémentation naturelle.
Cet article ne remplace pas une consultation médicale et ne constitue pas une recommandation systématique de traitement.
1. Qu’est-ce que le Tribulus terrestris ?
1.1. Origines et usage traditionnel
Le Tribulus terrestris est une plante appartenant à la famille des Zygophyllaceae, utilisée depuis des siècles en médecine traditionnelle indienne et chinoise comme tonique, stimulant sexuel et remède contre la fatigue.
Aujourd’hui, on la retrouve dans de nombreux compléments de phytothérapie vendus comme “booster de testostérone”, “améliorateur de performance sexuelle” ou “solution naturelle pour la libido”, aussi bien chez l’homme que chez la femme.
1.2. Principaux composants actifs
La plante contient plusieurs familles de molécules, mais les plus étudiées sont les saponines stéroïdiennes, en particulier la protodioscine. Ces saponines sont suspectées d’agir sur :
- les hormones sexuelles (testostérone, hormone lutéinisante – LH) ;
- certains neurostéroïdes comme la DHEA ;
- la fonction vasculaire et la circulation sanguine.
Ce sont ces composés qui expliquent pourquoi le Tribulus est souvent présenté comme un “booster hormonal” ou un “aphrodisiaque naturel”.
1.3. Mécanismes d’action possibles sur la santé sexuelle
Les données chez l’humain restent limitées, mais plusieurs mécanismes sont proposés :
- Effet type neurostéroïde via la DHEA : le Tribulus pourrait augmenter les taux de DHEA, précurseur hormonal impliqué dans l’énergie, l’humeur et la libido, avec un effet possible sur la fonction sexuelle même sans forte augmentation de la testostérone.
- Augmentation de la production d’oxyde nitrique (NO) : le Tribulus pourrait stimuler la synthèse d’oxyde nitrique, gaz qui provoque une vasodilatation. Au niveau du pénis, cela favoriserait la relaxation des corps caverneux et donc l’érection, de façon beaucoup plus modeste que les médicaments de la dysfonction érectile.
- Effet hormonomodulateur hypothétique : des études expérimentales suggèrent une possible modulation de la LH et de la testostérone, mais les essais cliniques chez l’homme sain ne confirment pas un effet constant ou puissant.
2. Tribulus terrestris et santé sexuelle de l’homme
Les questions les plus fréquentes des hommes sont :
- “Est-ce que le Tribulus peut m’aider pour ma dysfonction érectile ?”
- “Est-ce que ça va vraiment augmenter ma testostérone ?”
Les réponses doivent s’appuyer sur les essais cliniques randomisés et les revues systématiques disponibles.
2.1. Dysfonction érectile : que montrent les études ?
Une revue systématique récente a regroupé plusieurs essais cliniques évaluant le Tribulus chez des hommes présentant une dysfonction érectile (DE) ou des troubles sexuels.
Doses étudiées
La plupart des essais ont utilisé des doses de 400 à 750 mg/jour de Tribulus, pendant 1 à 3 mois.
Amélioration de la fonction érectile dans une partie des études
Parmi les essais ayant évalué la DE (souvent via le score IIEF-5), 3 études sur 5 ont montré une amélioration significative de la qualité de l’érection, de la satisfaction des rapports et parfois du désir sexuel.
Dose minimale efficace suggérée
Les données convergent vers un seuil minimal d’environ 400 mg/jour pendant 4 semaines pour observer un effet sur une DE légère à modérée.
Niveau de preuve
Le niveau de preuve reste cependant faible : nombre limité d’essais, petits échantillons, protocoles hétérogènes (qualité des extraits, doses, durée).
Non substitut des traitements validés
Chez les hommes présentant une DE sévère, le Tribulus ne remplace pas les traitements de première ligne (inhibiteurs de la PDE5, prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire, options chirurgicales si besoin). Il doit être pensé, au mieux, comme une stratégie complémentaire.
En pratique
Le Tribulus peut être discuté, au cas par cas, chez des hommes présentant une DE légère à modérée, après évaluation médicale, en complément d’une prise en charge globale (hygiène de vie, bilan cardiovasculaire, prise en charge des comorbidités).
2.2. Effets sur la testostérone chez l’homme
La réputation du Tribulus comme “booster de testostérone” est largement supérieure à ce que montrent réellement les études.
Aucune augmentation nette chez l’homme sain
Dans la majorité des essais, aucune modification significative des taux de testostérone (totale ou libre) ni de dihydrotestostérone (DHT) n’a été observée après supplémentation (400–750 mg/j pendant 2–3 mois). Ces études concernaient principalement des hommes sans déficit androgénique au départ.
Cas particuliers : hommes hypogonades
Quelques travaux ont montré une augmentation modérée de la testostérone totale chez des hommes présentant un hypogonadisme (testostérone < 350 ng/dL). L’augmentation restait modeste et ne remplace pas un traitement androgénique substitutif lorsqu’il est indiqué.
Conclusion pratique
Chez l’homme avec une testostérone normale, le Tribulus n’est pas un booster hormonal fiable.
Chez l’homme hypogonade, il pourrait jouer un rôle adjuvant, mais les données sont encore trop fragiles pour en faire une recommandation standard.
2.3. Que retenir pour la santé sexuelle masculine ?
- Le Tribulus peut améliorer modestement la fonction érectile dans certaines situations de DE légère à modérée, avec des protocoles de 400–750 mg/j pendant 1 à 3 mois.
- Il n’a pas démontré d’effet puissant et constant sur la testostérone chez l’homme sain.
- Il doit être envisagé comme un complément d’une stratégie globale (mode de vie, traitements validés, prise en charge cardiovasculaire), et jamais comme un substitut à une prise en charge andrologique structurée.
3. Tribulus terrestris et santé sexuelle de la femme
La santé sexuelle féminine dépend du désir, de la lubrification, de la douleur, mais aussi du contexte psychologique et relationnel. Le Tribulus a été étudié chez des femmes préménopausées et postménopausées présentant une dysfonction sexuelle féminine (DSF).
3.1. Amélioration des scores de fonction sexuelle
Une revue systématique regroupant plusieurs essais randomisés a évalué l’efficacité et la sécurité du Tribulus chez des femmes présentant une DSF.
Outils de mesure
La fonction sexuelle était évaluée par des questionnaires validés :
- FSFI (Female Sexual Function Index) : désir, excitation, lubrification, orgasme, satisfaction, douleur.
- SQ-F / QS-F : questionnaires de qualité de la fonction sexuelle féminine.
Femmes préménopausées
Après 1 mois de traitement, certaines études ont montré une augmentation significative du score total FSFI et des sous-scores excitation, lubrification, orgasme et satisfaction chez les femmes recevant du Tribulus.
Femmes postménopausées
D’autres travaux ont montré une augmentation significative des scores de fonction sexuelle après 3 mois de traitement.
Doses utilisées
Les études ont souvent utilisé des doses de 250 mg par voie orale, 3 fois par jour (soit environ 750 mg/jour) pendant 90 à 120 jours, ou des extraits standardisés équivalents.
Interprétation globale
Globalement, le Tribulus semble améliorer les scores de fonction sexuelle (désir, excitation, lubrification, orgasme, satisfaction) chez certaines femmes, après 1 à 3 mois de traitement.
3.2. Effets sur la testostérone chez la femme
Les hormones jouent un rôle clé dans la libido féminine, mais tout n’est pas hormonal. Les études disponibles montrent :
Femmes préménopausées
Après 3 mois de traitement, certaines études ont observé une augmentation des taux de testostérone totale chez les femmes préménopausées recevant du Tribulus par rapport au placebo.
Femmes postménopausées
En revanche, chez les femmes postménopausées, une étude n’a pas retrouvé de différence significative de testostérone totale entre Tribulus et placebo, malgré une amélioration des scores de fonction sexuelle.
Limites d’interprétation
Même quand une augmentation de testostérone est observée, on ne sait pas clairement :
- si cet effet persiste à long terme ;
- s’il est réellement responsable de l’amélioration de la fonction sexuelle ;
- quel est le risque potentiel à long terme (acné, pilosité, impact sur les cancers hormono-dépendants, etc.).
3.3. Niveaux de preuve et limites des études
La revue systématique conclut à une certitude de preuve très faible pour l’utilisation du Tribulus dans la DSF, en raison de :
- petites tailles d’échantillon ;
- risques de biais méthodologiques ;
- imprécision des résultats ;
- hétérogénéité des protocoles (qualité des extraits, doses, durée).
En clair : les signaux sont encourageants, mais trop fragiles pour recommander le Tribulus comme traitement de routine de la dysfonction sexuelle féminine.
4. Sécurité, précautions et recommandations cliniques
4.1. Tolérance observée dans les essais cliniques
Dans les études cliniques ayant évalué le Tribulus chez l’homme et la femme, la plante a été globalement bien tolérée à des doses allant de 400 mg/j à 12 g/j, sur des durées de 1 à 3 mois.
Chez l’homme
Les essais n’ont pas rapporté de modifications significatives du bilan lipidique ou des tests hépatiques dans les groupes Tribulus par rapport au placebo.
Chez la femme
Aucun effet secondaire grave n’a été rapporté. Un seul cas de crampes abdominales légères a été décrit dans une étude, sans précision claire sur le groupe concerné.
4.2. Ce que montrent les données de sécurité “du monde réel”
Les essais cliniques sont souvent de courte durée et incluent des patients sélectionnés. En pratique, d’autres éléments doivent être pris en compte.
Des données de pharmacovigilance et quelques cas cliniques isolés ont rapporté :
- des atteintes hépatiques sévères (ictère, cholestase) ;
- parfois des atteintes rénales ou une rhabdomyolyse (destruction musculaire) chez des personnes prenant du Tribulus en complément alimentaire, souvent à fortes doses et/ou en association avec d’autres produits.
Le Tribulus pourrait avoir un rôle de modulateur enzymatique (CYP3A4), exposant à des interactions potentielles avec des médicaments courants (statines, antiarythmiques, immunosuppresseurs, etc.). Même si ces cas restent rares, ils rappellent que “naturel” ne veut pas dire “sans risque”.
4.3. Dans quels cas la prudence (voire l’abstention) s’impose ?
L’utilisation de Tribulus sans avis médical est déconseillée dans les situations suivantes :
- maladie hépatique ou rénale connue ;
- traitement par médicaments à marge thérapeutique étroite (statines, antiarythmiques, immunosuppresseurs, etc.) ;
- antécédent de cancer hormono-dépendant (prostate, sein, endomètre, etc.) ;
- grossesse et allaitement ;
- adolescents (données inexistantes, risque théorique sur le développement hormonal).
Même en dehors de ces situations, l’usage doit rester raisonné, limité dans le temps et encadré par un professionnel de santé.
4.4. Recommandations cliniques actuelles
Chez l’homme
Le Tribulus peut être discuté comme option adjuvante chez les hommes présentant une DE légère à modérée ou un hypogonadisme léger, après un bilan andrologique complet. Il ne remplace pas les prises en charge validées : hygiène de vie, correction des facteurs de risque, traitements médicamenteux et, si nécessaire, options chirurgicales.
Chez la femme
En raison de la très faible certitude des preuves et de l’absence de données à long terme, les recommandations actuelles ne soutiennent pas son utilisation de routine dans la dysfonction sexuelle féminine. Toute décision doit être partagée avec la patiente, en expliquant clairement les incertitudes sur le bénéfice réel et les risques potentiels.
Besoin d’essais supplémentaires
Des essais cliniques randomisés, de grande taille et bien conçus sont nécessaires pour :
- préciser le protocole optimal (dose, durée) pour la dysfonction érectile ;
- mieux définir son rôle éventuel comme adjuvant dans l’hypogonadisme masculin ;
- confirmer ou infirmer son intérêt dans la dysfonction sexuelle féminine, en particulier sur le long terme.
5. Où se situe le Tribulus dans une prise en charge globale de la santé sexuelle ?
La santé sexuelle, chez l’homme comme chez la femme, ne se résume ni à une pilule ni à une plante. Elle dépend :
- de l’état hormonal (testostérone, œstrogènes, thyroïde, prolactine, etc.) ;
- de la santé cardiovasculaire et métabolique (diabète, hypertension, cholestérol) ;
- de facteurs psychologiques et relationnels ;
- de l’hygiène de vie (sommeil, stress, activité physique, tabac, alcool) ;
- de médicaments susceptibles d’altérer la libido ou l’érection.
Dans ce cadre, le Tribulus terrestris peut être envisagé comme :
- une piste complémentaire pour certains hommes avec DE légère à modérée ;
- une option à discuter chez certaines femmes présentant une baisse de désir ou de satisfaction sexuelle ;
- mais jamais comme une solution miracle ni comme alternative à une évaluation médicale complète.
Quand consulter à Marrakech ?
Si vous souffrez de :
- dysfonction érectile ;
- baisse de désir sexuel (homme ou femme) ;
- douleurs ou gêne lors des rapports ;
- questionnements sur votre testostérone ou vos hormones sexuelles,
il est recommandé de consulter avant de commencer tout complément, y compris “naturel”.
Au Cabinet d’Urologie Majorelle à Marrakech, une consultation andrologique et urologique permet :
- d’évaluer votre santé sexuelle de manière globale ;
- de rechercher une cause organique ou hormonale ;
- de discuter, en toute transparence, de l’intérêt ou non de la supplémentation en Tribulus terrestris dans votre cas ;
- de construire un plan de traitement personnalisé, combinant hygiène de vie, traitements validés et, éventuellement, phytothérapie encadrée.
Conclusion : Tribulus terrestris, une piste intéressante mais à manier avec prudence
Le Tribulus terrestris est une plante de phytothérapie utilisée depuis longtemps comme stimulant sexuel. Les études suggèrent un bénéfice possible sur la dysfonction érectile légère à modérée chez l’homme et sur certains aspects de la fonction sexuelle féminine (désir, lubrification, orgasme), à des doses de 400–750 mg/j chez l’homme et d’environ 750 mg/j (ou extraits standardisés) chez la femme, sur 1 à 3 mois.
En revanche, il n’existe pas de preuve solide d’un effet “booster de testostérone” chez l’homme sain, et les données chez l’homme hypogonade ou la femme restent préliminaires. Les preuves sont globalement de faible à très faible certitude, et de rares cas d’effets indésirables graves (foie, reins, muscles) ont été rapportés, surtout en usage non encadré.
Toute supplémentation naturelle doit donc être discutée avec un médecin, en particulier en cas de pathologie chronique ou de polymédication. Si vous envisagez de prendre du Tribulus pour améliorer votre santé sexuelle, ne le faites pas seul : parlez-en à votre urologue ou prenez rendez-vous au Cabinet d’Urologie Majorelle à Marrakech pour un bilan personnalisé et une stratégie thérapeutique sécurisée, adaptée à votre situation.
Le Tribulus terrestris peut améliorer modestement la fonction sexuelle chez certains patients, mais les preuves restent limitées. Il ne remplace pas les traitements validés de la dysfonction érectile ou de la dysfonction sexuelle féminine et doit toujours être discuté avec un médecin, surtout en cas de maladie chronique ou de prise de plusieurs médicaments.
- Dysfonction érectile (DE) : difficulté persistante à obtenir ou maintenir une érection satisfaisante.
- Hypogonadisme : déficit en testostérone avec symptômes (fatigue, baisse de libido, troubles érectiles).
- DSF : dysfonction sexuelle féminine (baisse de désir, lubrification insuffisante, douleur, difficulté à l’orgasme).
- DHEA : précurseur hormonal participant à l’équilibre énergétique et sexuel.
- Le Tribulus guérit-il la dysfonction érectile ?
Non. Il peut aider dans certains cas légers, mais ne remplace pas les traitements validés. - Faut-il une ordonnance ?
Les compléments sont en vente libre, mais un avis médical est fortement recommandé avant de commencer. - Combien de temps l’essayer ?
Les études vont plutôt jusqu’à 1–3 mois, avec une réévaluation médicale avant de poursuivre.






